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Date : 19-12-2025 23:02:17
« La Belgique a-t-elle raison de ne pas vouloir débloquer les avoirs russes pour aider l’Ukraine ? » Article de Bruno Alomar (ancien haut fonctionnaire ) • 10 h • 4 min de lecture
Morceaux choisis
3 méthodes sont possibles.
1ERE METHODE : le nantissement des avoirs gelés.
Simplement dit, il s’agit d’utiliser les avoirs russes comme contrepartie à des prêts que l’UE pourrait accorder à l’Ukraine.
C’est à cela que la Belgique s’oppose. Elle met l’accent sur ce qui pourrait être de la part des Européens une contradiction fondamentale.
D’un côté, face à une Amérique dont la brutalité renverse tous les principes, les Européens se font fort de reprendre le flambeau des valeurs, au premier rang desquelles l’état de droit, c’est-à-dire le respect du contrat et de la parole donnée.
D’un autre côté, le plan européen bafouerait ces mêmes principes en recourant à l’égard des actifs russes à des mesures dont les belligérants se sont au vingtième siècle abstenus en temps de guerre.
Les Européens doivent comprendre que leur crédit politique et financier est déjà bien écorné aux yeux du monde.
2DE METHODE : la dette. Cette solution a été évoquée.
Elle est désormais techniquement possible depuis un moment bien précis : le plan Next génération de 750 milliards adopté le 17 juillet 2020.
Par ce plan, l’UE, pour la première fois, a admis le principe de l’endettement commun.
La France, dont l’impéritie est établie, a réussi à exporter à l’UE le principe de l’endettement. Pour quel résultat ?
La situation budgétaire de la France se passe de commentaires.
Mais qu’en est-il de l’UE ? Le plan Next génération a-t-il eu les effets envisagés ? La croissance européenne continue de décrocher par rapport à l’Amérique et à la Chine.
Il y a pire. Nul ne sait comment la dette contractée sera remboursée à compter de 2028.
La raison en est simple : le plan postulait l’existence de nouvelles ressources (par exemple une taxe sur le numérique) dont le rapport du Sénat du 24 novembre 2025 soulignait qu’elles restaient à ce stade « évanescentes ».
3EME METHODE : prendre les ressources nécessaires dans le budget européen.
C’est la moins mauvaise solution. Une partie des ressources budgétaires de l’UE serait ainsi destinée non pas à l’agriculture, au verdissement, à la solidarité à l’égard des régions pauvres de l’UE (politique de cohésion), mais à l’aide à l’Ukraine.
Il n’est en effet que temps pour les Européens d’admettre, contrairement à ce que les apprentis sorciers des politiques monétaires accommodantes ont voulu nous faire croire, que l’argent n’est pas magique mais le résultat de leur travail. Ce n’est pas un drame. C’est juste le réel.
source :
www.msn.com/fr-fr/actualite/other/la-belgique-a-t-elle-raison-de-ne-pas-vouloir-d%C3%A9bloquer-les-avoirs-russes-pour-aider-l-ukraine/ar-AA1SFjrj
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