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Date : 07-05-2026 19:50:30
La famille d’un mineur impliqué dans un trafic de drogue expulsée de son logement social en Bretagne Article de Marine Richard • 13 h •
3 min de lecture
C’est une première en Bretagne. La justice a ordonné à la famille d’un mineur impliqué dans du trafic de drogue de quitter son logement, ce mardi, après que le préfet d’Ille-et-Vilaine a réclamé son expulsion.
«À défaut de libération volontaire, il pourra être procédé à son expulsion», peut-on lire dans la décision de justice.
Le jeune homme âgé de 17 ans a été interpellé à trois reprises en possession de drogues.
L’adolescent avait été condamné à des travaux d’intérêt général (TIG) pour détention de 86 grammes de cannabis.
La justice a résilié le bail de cette famille, qui vivait au 2 place de Monténégro à Rennes.
La mère du garçon et ses deux petits frères, âgés de 14 et 3 ans, bénéficient théoriquement d’un délai de 4 mois pour quitter le logement.
Le tribunal déclare que «l’expulsion ne pourra avoir lieu qu’en dehors de la période de trêve hivernale et à l’expiration d’un délai de deux mois suivant la délivrance d’un commandement de quitter les lieux, auquel s’ajoute le délai de quatre mois accordé, soit six mois au total»
Pour l’avocat de la préfecture, Jean-Eric Corillion, la mère du jeune incriminé avait pleinement connaissance des activités délictueuses de son fils. «Les allées et venues dans l’appartement impressionnent le voisinage», affirme Jean-Eric Corillion, rapporte France 3 Bretagne.
Quant à l’avocate de la mère de famille, Me Irène Thébault, elle indique que sa cliente ne fera pas appel de la décision.
Depuis la loi du 13 juin 2025, dite loi sur le narcotrafic, le préfet peut se substituer au bailleur social pour solliciter l’expulsion de locataires, lorsqu’il constate que ces activités de trafic de stupéfiants troublent l’ordre public de manière grave ou répétée et méconnaissent son obligation de jouissance paisible.
Les préfets se saisissent-ils massivement de ce nouveau droit ? «On n’a pas assez de recul pour avoir des chiffres puisque la loi date de moins d’un an mais c’est une disposition à la main des préfets et c’est bien qu’ils puissent s’en saisir», souligne le ministère du Logement.
Plusieurs préfets ont réclamé l’expulsion de locataires«délinquants», comme le préfet des Bouches-du-Rhône.
Il a annoncé avoir «engagé dix procédures auprès de plusieurs bailleurs sociaux afin d’aboutir à l’expulsion de logements sociaux occupés par des individus délinquants», en juillet 2025. À Marseille, deux familles liées au narcotrafic sont menacées d’expulsion par leur bailleur social.
En septembre 2025, la préfète de police déléguée des Bouches-du-Rhône, Corinne Simon, avait indiqué que ses services avaient transmis une vingtaine de courriers d’expulsion à des bailleurs sociaux du département dès le mois de juillet.
Mais, dans les faits, rares sont les élus à oser expulser les fautifs, par crainte de troubles à l’ordre public.
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