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Date : 11-05-2026 12:53:04
Nice : prison ferme et 200 000 euros d’amende pour un commerçant au cœur d’un trafic massif Article de Mathias Bellegarde • 18 h •
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Le mécanisme de la fraude était simple mais redoutablement efficace. Le procureur de Nice, Damien Martinelli, a détaillé le mode opératoire utilisé pour siphonner les fonds de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII).
« Chaque début de mois, des individus porteurs de cartes bancaires de l’OFII défilaient dans ses magasins pour y faire des achats fictifs.
En réalité, le commerçant encaissait la somme correspondant à l’allocation pour demandeur d’asile (ADA), théoriquement réservée aux achats de biens essentiels, et leur reversait 90 % de son montant, conservant 10 % de commission », a expliqué le magistrat.
Ce système de « cashback » illicite permettait aux bénéficiaires de transformer leur crédit virtuel en argent liquide, en échange d’une part laissée au commerçant niçois.
Ces opérations étaient réalisées de manière intensive dès que l’argent arrivait sur les comptes.
L’ampleur du trafic donne le tournis. Les investigations menées par l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM) et la police judiciaire ont permis de quantifier précisément les flux financiers qui transitaient par ces boutiques.
L’exploitation des comptes bancaires des sociétés a mis en évidence « entre janvier 2022 et août 2025 des mouvements à hauteur de 5 millions d’euros, correspondant à ces opérations par l’intermédiaire de près de 3 900 cartes ADA », a précisé le parquet dans un communiqué officiel.
L’argent ne restait pas sur place. Selon les déclarations du procureur, « des opérations de transfert de fonds à l’étranger notamment en Italie, ALBANIE, Allemagne, GEORGIE et UKRAINE étaient ensuite souvent effectuées depuis ses établissements ».
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