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Date : 18-12-2025 15:11:00
Colère des agriculteurs : Macron dit que l’accord UE-Mercosur « ne peut pas être signé » car « le compte n’y est pas » Article de Le Parisien avec AFP • 3 h
En direct de Bruxelles ce jeudi, Emmanuel Macron s’est adressé aux agriculteurs. Il leur dit que l’accord UE-Mercosur « ne peut pas être signé ».
« Je veux dire à nos agriculteurs qui manifestent la clarté de la position de la France depuis le début : sur le Mercosur, nous considérons que le compte n’y est pas et que cet accord ne peut pas être signé », déclare-t-il.
Emmanuel Macron a redit en arrivant à un sommet de l’UE que son « objectif » était un report du vote espéré cette semaine par la Commission européenne et plusieurs pays, Allemagne en tête, pour obtenir un feu vert à la signature de l’accord avec le bloc latino-américain.
« Si aujourd’hui il y a une volonté de passage en force alors qu’on n’a pas de la visibilité » sur les conditions fixées par Paris, « je vous le dis très clairement, la France s’opposera », a-t-il insisté, tout en refusant d’affirmer qu’il y aurait une minorité de blocage.
Sous la pression des agriculteurs et d’une classe politique quasi-unanimement opposés à cet accord, la France demande des « clauses de sauvegarde », sorte de « frein d’urgence » pour stopper l’entrée dans l’UE de produits agricoles si des marchés sont « déstabilisés », a rappelé le président.
Sur ce point, la Commission européenne a répondu aux exigences françaises, « on avance dans la bonne direction » mais « ça n’est pas encore prêt », a-t-il toutefois jugé.
Elle veut aussi des « clauses miroirs », pour assurer la « réciprocité » en matière de normes sanitaires et environnementales de production. Là aussi, il y a eu des propositions de Bruxelles, « des comités se réunissent en janvier », mais « on n’est pas prêts », a martelé Emmanuel Macron.
Enfin, les contrôles sanitaires aux frontières de l’UE doivent être renforcés au 1er janvier. « Très bien, on va regarder », a temporisé le chef de l’État français. « On doit être respectés », a-t-il estimé. Les agriculteurs français, « on ne peut pas aujourd’hui les sacrifier sur le Mercosur, ça n’est pas sérieux. »
« Personne ne peut ignorer ce que je viens de vous dire », « je n’aime pas qu’on balade les gens, donc je ne vais pas balader nos agriculteurs », a encore dit Emmanuel Macron, assurant avoir « un bon sens un peu paysan ».
Et si les trois conditions françaises sont réunies, la France acceptera-t-elle l’accord ? « Oui mais on n’y est pas », a répondu le président.
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