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Date : 25-09-2026 17:59:31
La Complainte de l'autruche
Sous les acacias de la vieille savane,
Vit une autruche au caquet de sultane,
Dame justelà, reine du faux-semblant,
Dont le grand cœur bat... pour son propre talent.
Hypocrite en diable et fourbe en chemin,
Elle sourit devant et griffe en main.
Menteuse invétérée, affabulatrice,
Elle invente un trône à chaque cicatrice.
Prétentieuse à l’excès, gonflée d'orgueil,
Elle toise le monde du haut de son seuil.
« J'ai vaincu le lion ! J'ai volé dans les cieux !
J'ai séduit le vent et charmé les dieux ! »
Vantarde et mytho, la belle pécore
S'écoute parler et s'admire encore.
Elle jure aux zèbres qu'un lac de cristal
L'attend en secret dans un bal royal,
Tandis qu'elle frime, altière et bouffonne,
S'inventant des titres qu'on ne lui donne.
Mais un beau matin, las de ses bobards,
Le peuple des bêtes, riant sous cape et fard,
Lui dit : « Prouve donc ton illustre audace,
Cours donc les yeux clos pour montrer ta grâce ! »
Piégée par sa gloire et son fier mensonge,
L'autruche s'élance et quitte le songe...
Et pan ! Dans les ronces, la tête au plancher,
La voilà punie pour avoir tant triché.
Morale de l'histoire, au creux du désert :
À force de mentir pour paraître un fer,
On finit par trouver, planté dans le sable,
Le nez dans les épines, l'orgueil mis à table !

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