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Date : 10-04-2026 20:23:44
« Radié de partout »: privé de chômage, épinglé par le fisc, cet ex-otage en Iran a vécu un calvaire administratif
Prenez l'exemple de Benjamin Brière, ex-otage en Iran pendant près de 3 ans et demi. A son retour en France en 2023, celui-ci souhaite "repartir de zéro" auprès du Fisc.
Le début d'un long calvaire face à l'administration fiscale: "On m'a demandé pourquoi je n'avais rien déclaré depuis quatre ans", relate-t-il auprès du Journal du net.
"J'ai expliqué que j'étais en prison, que je n'avais pas pu le faire. Ce à quoi l'agente des impôts me dit que même en prison, on fait sa déclaration… Oui enfin moi j'étais dans une prison iranienne : 'Dans ce cas, votre famille aurait pu le faire', m'a-t-on répondu."
Une situation ubuesque qui ne s'arrête pas là. Vient ensuite le parcours du combattant pour toucher le chômage, car ce dernier se souvient qu'il lui reste, normalement, huit mois d'indemnisation.
Pôle emploi Lyon (devenu France Travail en 2024), lui signifie qu'il a tout simplement mis... trop de temps à faire la demande. Benjamin Brière se fait débouter par le médiateur régional pour national. Sans le sou, il est contraint de dormir chez sa mère.
C'est grâce à une rencontre avec le député Renaissance des Côtes-d'Armor Eric Bothorel que la situation se débloque.
L'élu fera la demande auprès du ministre du Travail de l'époque. Résultat, la directrice de Pôle emploi Lyon appelle l'ancien otage dès le lendemain pour lui signifier que ses droits sont bien réactivés.
Une situation complexe qui est similaire à celle de nombreux ex-otages, à en croire Benjamin Brière.
"J'étais radié de partout. Je n'existais plus aux yeux de la Sécurité sociale et de France Travail", déplore-t-il.
D'autant que la libération exige des frais conséquents. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le ministère des Affaires étrangères et l'Etat ne font dans la charité.
Benjamin Brière explique: "Il faut engager des avocats parce que l'Etat français exige que la famille joue le jeu de la justice locale, ce qui génère des milliers d'euros de frais. L'Etat a déjà demandé à certains otages ou à leur famille de payer les billets d'avion pour leur retour sur le territoire."
C'est pour contrevenir à toutes ces situations aberrantes, dans lesquelles l'administration se caricature elle-même, que l'ancien otage veut, avec l'association SOS Otages, créer un statut juridique spécifique, explique Le Journal du Net.
Avec en parallèle une "allocation spécifique pour permettre aux anciens otages de manger, se loger et vivre le temps de leur réinsertion, sans dépendre des proches ou des droits du chômage."
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