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Date : 12-04-2026 07:02:50
Les mains dans le ciment...
Le cœur dans le vide.
Quatre ans pour lui...
L'éternité pour moi.
Il a le dos cassé par les sacs de ciment
Trente ans de BTP, à construire pour les gens
Le réveil à cinq heures, le café noir brûlant
Les échafaudages, le froid, le vent, le temps.
Ce soir-là c’était dur, l’avis d’imposition
Qui tombe comme une brique, adieu les illusions
Il a payé sa part, vidé le compte en banque
Mais il s’en fout un peu, tant que rien ne lui manque... À elle.
Il range ses outils, il pense à son sourire
Sa fille, sa princesse, sa raison de tenir
Il imagine déjà le dîner, la télé
Oublier la fatigue, juste la retrouver.
Il ouvre la porte... mais y’a que le silence.
Et des gyrophares qui hurlent l’urgence.
Lui il a pris quatre ans, moi j’ai pris perpète
Le bruit des barreaux qui résonne dans ma tête
Quatre ans pour un vol, un viol, une vie
Moi je reste dehors, mais je suis mort aussi.
C’est pas de la justice, c’est juste une dette
Lui il a pris quatre ans...
Moi j’ai pris perpète
Le procès a duré moins longtemps que mes nuits
Dans le box, un migrant, le regard qui fuit
L’avocat se lève, parle de papiers, d’erreurs
"Monsieur le Juge, soyez clément, il est mineur".
Soi-disant dix-sept ans, mais le mal est adulte
Dans la salle d’audience, j’ai ravalé l’insulte
Le marteau a frappé, le verdict est tombé
Quatre ans de prison, pour l’avoir tuée.
La République s’excuse, on range les dossiers
Moi je range sa chambre et ses rêves brisés.
Maintenant c’est le whisky qui remplace le sommeil
Je regarde le calendrier, j’attends pas le soleil
Chaque jour qui passe est une croix sur le mur
Je noie mon chagrin, je soigne mes blessures.
Pas pour oublier, non...
Juste pour patienter.
Je retourne au chantier, je porte mes fardeaux
Mais j'ai changé de plan, j'ai changé de travaux
Je construis ma haine, brique par brique, pierre par pierre
J'attends qu'il sorte, je serai là, à la barrière.
Quatre ans ça passe vite quand on a un but
Je serai son ombre, je serai sa chute.
La justice des hommes a baissé les bras
Celle d’un père en deuil ne pardonnera pas.
Lui il a pris quatre ans, moi j’ai pris perpète
Le bruit des barreaux qui résonne dans ma tête
Quatre ans pour un vol, un viol, une vie
Moi je reste dehors, mais je suis mort aussi.
C’est pas de la justice, c’est juste une dette
Lui il a pris quatre ans...
Moi j’ai pris perpète.
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