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Date : 19-08-2026 17:17:06
J'marchais tranquille dans la rue,
Quarante degrés, j'en pouvais plus,
Quand j'ai croisé sous le soleil,
Un phénomène sans pareil.
Survêt' noir, baskets aux pieds,
La casquette à moitié vissée,
Et la capuche sur le museau...
J'ai transpiré rien qu'à voir le tableau,
Il s'approche nonchalant,
Il bombe le torse, prend son élan,
Et me déclame comme un manant:
Oh ma'moizelle, té bien charmante, tu m'donnes ton numéro, allez, fais pas la distante !
Oh ma'moizelle, j'te trouve trop fraîche, monte sur ma trott', on va boire un demi pêche !
"J'lui dis, mon grand, première question, pourquoi cette capuche en pleine cuisson ? Il fait quarante à l'ombre aujourd'hui, même les lézards sont rentrés à midi !"
"C'est le style, t'as vu... moi j'suis un beau gosse tu vois."
Mais sous son survêt' trois pièces,
Le machin était en pleine détresse !
La casquette, la capuche, le survêt',
Par quarante degrés à l'ombre, s'te plait !
Il dégouline mais reste vaillant,
Le style avant le refroidissement !
Oh ma'moizelle, té bien charmante !
Tu m'donnes ton numéro, allez, fais pas la distante !
Oh ma'moizelle, j'te trouve trop fraîche, monte sur ma trott', on va boire un demi pêche !
"J'te jure, toi, t'es grave attractive... j'aime les meufs comme toi... Vas-y donne ton snap, fais pas ta rabat-joie !"
"Mon snap... J'en ai pas."
"Insta ?"
"Encore moins."
"Tik Tok ?"
"C'est mort."
"Vas-y donne ton face de bouc, fais pas ta difficile."
"Toujours pas."
Il réfléchit pendant trois secondes,
Le regard perdu au bout du monde,
Puis tente son ultime argument...
"Wesh... sinon... t'habites chez tes parents ?"
"J'ai regardé le ciel en silence,
Ô sainte Vierge... donne-moi de la patience..."
Oh ma'moizelle, té bien charmante, tu m'donnes ton numéro, allez, fais pas la distante !
Oh ma'moizelle, j'te trouve trop fraîche, monte sur ma trott', on va boire un demi pêche !
Et le voilà qui repart en ricanant, tout fier avec un zéro-sept, mais pas vraiment celui qu'il espérait... c'est celui de mon pote Maurice, rugbyman et amateur de saucisses... Maurice, il chasse le sanglier, et fait sa charcut' dans son cellier ! Ila des bras, j'vous garantis, gros comme mes deux cuisses réunies !
"Le lendemain, Maurice m'a textoté.. "
"Dis donc, c'est qui ton roméo, ce gugusse qui m'envoie des textos, il vient d'm'écrire: "salut ma belle hurleuse, j'pensais à toi, tu veux que j'te fasse hurler ?"
"Maurice... sois gentil... réponds-lui donc, puisqu'il insiste ainsi."
"C'est bon, j'lui ai proposé de venir dimanche, on fait les saucisses de sanglier avec les copains, on va lui expliquer la vie, et s'il est pas d'accord, il ira faire coucou aux brochets dans la rivière d'à côté."
Depuis ce jour, bizarrement, le machin trotte moins dans le quartier !
Il frole les murs quand il me voit, et avance la tête baissée.
"Moralité de cette histoire, quand une racaille insiste pour avoir ton numéro, donne celui de ton pote Maurice."
La la laaaaaaaa laaaaa laaaaaaa....
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