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Date : 21-12-2025 23:06:00
Les Aigris
Ils marchent dans la vie comme on traîne une chaîne,
Avec le goût du fiel accroché à la peine.
Leur regard est un ciel où l’orage s’attarde,
Et chaque mot qu’ils lancent est une vieille écharde.
Ils ont le cœur froissé comme un papier trop lu,
Des blessures anciennes qu’ils n’ont jamais rendues.
Ils parlent en piquant, comme on parle en défense,
Pour cacher sous l’aigreur un manque de confiance.
Ils croient que tout s’effrite, que tout leur est volé,
Que le bonheur des autres vient les déposséder.
Mais derrière leur amertume, si l’on regarde mieux,
On voit un peu de peur, un peu de cœur, un peu de vieux.
Car l’aigreur n’est jamais qu’un chagrin mal soigné,
Une colère usée qui n’a pas su s’en aller.
Et parfois, sous la rouille, il reste une étincelle :
Un sourire oublié qui attend qu’on l’appelle. 
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