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Date : 24-04-2026 17:20:23
« Fais-nous un kebab, pas de la laitue »… C’est quoi ces « marécages alimentaires » qui explosent en banlieue ?
Article de Jean-Loup Delmas • 2s • 5 min de lecture
Evry-Courcouronnes est ce que les géographes de l’alimentation appellent un marécage alimentaire, traduction du concept de « food swamp » apparu au Royaume-Uni puis aux Etats-Unis.
Une zone urbaine saturée d’offres hypercaloriques où la malbouffe ne s’est pas seulement implantée, mais a conquis et fini par noyer le reste.
La ville compterait entre 70 et 75 % de fast-food dans son offre alimentaire.
Comme cette ville étudiante, de nombreuses banlieues et quartiers prioritaires sont des terrains propices à ce phénomène.
« C’est un type de commerce très facile à mettre en place, et ce sont des zones urbaines denses, donc avec beaucoup de potentiels clients », analyse Capucine Frouin, chargée de mission Urbanisme et Santé chez Ekopolis.
A cela s’ajoutent les loyers peu chers et la population souvent plus jeunes et donc plus friandes de ce genre de nourriture.
Si les marécages alimentaires posent des problèmes de santé publique évidents, ils gomment toutefois certaines inégalités économiques.
« Cela permet de faire travailler des personnes qui n’ont pas accès à l’emploi traditionnel », assure Simon Vonthron.
Et de préciser : « Dans certains quartiers, tout le monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui a un commerce alimentaire. »
Difficile pour les villes de lutter contre le phénomène, rapporte Capucine Frouin. Dans les PLU (Plan local d’urbanisme),
« on ne peut pas s’opposer à un type commerce, juste en favoriser d’autres. »
En 2025, le maire de Fère-en-Tardenois (dans l’Aisne), Jean-Paul Roseleux, a pris un arrêté pour interdire les fast-foods à proximité des écoles.
La préfecture a rejeté et annulé l’arrêt à peine quelques mois plus tard, au nom de la liberté du commerce et de l’industrie.
Le marécage alimentaire a de beaux jours devant lui.
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