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Date : 11-03-2026 10:45:22
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Un historien de valeur, avons-nous dit, a fait exception. C'était un historien qui n'était d'ailleurs pas médiéviste :
Pierre du Colombier, qui a publié en 1953 un remarquable ouvrage, les Chantiers des cathédrales, dont l'intérêt est vif aussi bien pour le grand public que pour les spécialistes auxquels il offre de nombreuses références.
Mais, tandis que les chercheurs français se sont, pour la plupart, peu penchés, jusqu'ici, sur ce domaine, les érudits allemands et anglais ont poursuivi les travaux du XIXe siècle.
Les savants allemands ont surtout étudié les constructions de l'Allemagne au XIVe et au XVe siècle, période qui fut chez eux celle des grands chantiers.
Les conclusions de leurs travaux doivent être utilisées avec beaucoup de circonspection pour la compréhension des chantiers du XIIe et du XIIIe siècle, car il s'est produit dans la deuxième moitié du XIIIe siècle une transformation des conditions de travail en Europe et en France en particulier.
Par contre, les travaux entrepris en Angleterre et aux États-Unis depuis près d'un demi- siècle par G.C. Coulton, J. Harvey, L.F. Salzman, H.M. Colvin, F. Bucher, L.-R. Shelby et surtout D. Knoop et G.P. Jones dans The Médiéval Mason et dans la revue Ars Quatuor Coronatorum, nous permettent de mieux comprendre la vie des chantiers de la « Croisade
des Cathédrales» et d'écarter les légendes qui nous cachaient la vérité.
Ces historiens ont reconnu l'importance de la liberté de travail, ont étudié avec assez de précision l'évolution de la franc-maçonnerie opérative et ont précisé le rôle des moines dans la construction de leurs abbayes.
Malheureusement leurs ouvrages sont peu connus en France et n'ont jamais été traduits.
Il faut aussi rendre hommage à H. Kraus, un Américain vivant à Paris, qui a publié, en 1979, un ouvrage sur le financement de huit cathédrales européennes, Gold was the Mortar.
C'est un des paradoxes de notre époque qu'au XXe siècle, alors que les nouvelles politiques sont immédiatement traduites et transmises à travers le monde en quelques heures et que les travaux scientifiques circulent rapidement, les résultats des recherches historiques doivent encore attendre plusieurs années pour franchir les frontières.
A la décharge des historiens il faut reconnaître, dans le cas qui nous préoccupe, qu'il est parfois difficile, pour ne pas dire impossible, de se procurer certains des travaux des historiens anglais;
la revue Ars Quatuor Coronatorum, par exemple, qui renferme des articles de première importance, est publiée à Londres par les soins de la loge maçonnique 2076;
or cette revue n'est jamais mise en vente et ne se trouve donc dans aucune bibliothèque publique.
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